Chypre dans les premières années du 20ème siècle
Chypre
(Cypros, la Kibris des Turcs), île de la Méditerranée, à 60 kil. S. du cap Anemour en Anatolie, à 90 kil. O. des côtes de Syrie, à 530 kil. E. de Candie, entre 34° 34' et 35" 40' lat. N., et entre 29° 58'et 32° 17' long. E. ; elle a 210 kil. du cap Saint-André, N. E., au cap Saint-Epiphane au S. O., sur une largeur de 60 à 80 kil. Une chaîne de montagnes la traverse de l'O. à l'E. Le plus haut sommet, Sainte-Croix (Olympe), est à 22 kil. S. de Nicosie. Les torrents qui en descendent tarissent en été ; les habitants n'ont alors que l'eau saumâtre des puits. L'air est en général salubre, froid dans les montagnes ; mais la mal'aria est fréquente sur les côtes du S. et de l'E. ; la peste est souvent venue d'Egypte. Les mines d'or, d'argent, de cuivre, d'où le nom de Cypre, xÙTTjîos, sont abandonnées ; beau cristal de roche, qui, taillé, donne les diamants de Paphos. Chypre, jadis très-fertile, est mal cultivée, produit cependant d'excellent froment, de l'huile, du tabac, de la garance, des fruits exquis, des vins renommés, surtout ceux de la Commanderie ; le chou-fleur est originaire de l'île. Mulets, ânes, moutons, chèvres, abeilles, gibier abondant. Industrie de la soie, du coton, tapis, cuirs de Turquie. On exporte du coton, de la térébenthine, des bois, des oranges, des vins. L'île est divisée en 3 sandjaks, Nicosie, Baffa et Cerina ; la capit. est Nicosie ; les v. princ. sont Baffa, Cerina, Larnaca ou Larnica, Limasol, Famagouste, Salines. La population est d'environ 186,000 hab., dont les deux tiers sont Grecs. Elle appartient aux Anglais (1878).
Chypre fut célèbre dans l'antiquité, sous différents surnoms, par sa fertilité, ses richesses, le culte de Vénus, adorée surtout à Paphos, Amathonte, Idalie, enfin par sa population. On vantait ses grenadiers, ses figues, la gomme précieuse de ses arbustes, ses vins, etc. Des Phéniciens et des Ioniens s'y établirent ; on y compta neuf petits royaumes, dont le plus célèbre fut celui de Salamine ; soumise aux Perses, à Alexandre, disputée par les rois d'Egypte et de Syrie, elle fut réunie à l'empire de Rome vers 58 av. J. C. Attaquée par les Arabes, reprise par les Grecs de Constantinople, elle forma un royaume indépendant sous Isaac Comnène, en 1182. Richard C?ur de Lion s'en empara en 1191, la vendit à Guy de Lusignan, et le royaume de Chypre fut possédé par les princes de cette famille jusqu'en 1489. Les Vénitiens gardèrent Chypre jusqu'en 1571 ; les Turcs s'en emparèrent alors, et, depuis, l'île est tombée dans un état complet de décadence. Méhémet-Ali a possédé Chypre de 1832 à 1840. ? Voy. Hist. de l'île de Chypre sous le règne des princes de la maison de Lusignan, par M. de Mas-Latrie. Les rois de Chypre de la maison de Lusignan sont ;
Guy de Lusignan, roi en..... 1192
Amauri............. 1194
Hugues Ier............ 1205
Henri Ier............ 1218
Hugues II. ........... 1253
Hugues III........... 1267
Jean Ier............. 1284
Henri II............. 1285
Hugues IV............ 1324
Pierre Ier............ 1361
Pierre II............ 1372
Jacques Ier............ 1382
Jean II............. 1398
Jean III............. 1432
Charlotte............. 1458
Jacques II............ 1464
Jacques III........... 1473
Catherine Cornaro........ 1475
En 1489, Cath. Cornaro céda Chypre aux Vénitiens.
Chyrkouh (Assad-Eddyn),
prince turc, oncle de Saiadin, mort en 1169, était d'origine kourde, servit avec son frère Aïoub l'atabek de Mossoul, Zenghi, et le sultan de Syrie, Noureddin. Il fut chargé d'aller défendre le khalife fatimite d'Egypte contre son grand-vizir Chawer. Secondé par son neveu, Saladin, il lutta contre ses ennemis que soutenaient les Francs de Jérusalem et leur roi, Amaury ; il fut nommé vizir, généralissime, par le khalife reconnaissant. Il mourut peu après ; Youssouf Saladin lui succéda.