La Corse dans les premières années du 20ème siècle
Corse
île qui forme le départ, français de ce nom, dans la Méditerranée, entre 41° 20' et 43° lat. N. ; entre 0° 12' et 7° 12' long. E. Elle est séparée an S. de la Sardaigne par le détroit de Bonifacio, large de 12 à l5 kil. Elle est à 160 kil. des côtes de France, à 90 kil. de celles d'Italie. Elle a, du cap Corse aux Bouches-de-Bonifacio, 190 kil. ; sa plus grande largeur est de 90 kil., et sa superficie de 8,747 kilom. carr., avec une popul. de 272,639 hab. Excepté quelques plaines basses et malsaines de l'E., elle est couverte par les ramifications d'une chaîne qui la traverse du N. au S., atteint 1,200 m. à la Cima di Stella, 1,861 m. au Monte- Grosso, 2,764 m. au Monte-Rotondo, 2,652 m. au Monte-dOro ; elle est presque tout entière granitique. Les sommets sont nus et dépouillés, les flancs couverts de forêts magnifiques ou de maquis, les pentes inférieures d'oliviers. Le versant oriental, occupé par des montagnes parallèles à la côte, est arrosé par le Golo, le Tarrignano, et des torrents, comme l'Orbo, le Travo, le Solenzara, etc. ; le rivage est généralement droit et uni ; on y. remarque au S. E. le golfe de Porto-Vecchio ; le versant occidental, traversé par des montagnes plus élevées, allant du N. E. au S. O., est arrosé par l'Ostriconi, le Secco, la Ficarella, le Fango, le Porto, le Liamone, le Gravone, le Prunelli, le Valinco, l'Ortoio, véritables torrents, non navigables ; le rivage rocheux, élevé, découpé, forme les golfes de Saint-Florent, de Calvi, de Porto, de Sagone, d'Ajaccio, de Valinco, de Ventilegno, avec des rades et des mouillages excellents. La Corse renferme des roches magnifiques, granit, porphyre, marbre ; des mines de fer, de plomb, d'antimoine ; des eaux thermales. Le climat est tempéré et généralement sain, excepté dans les terres marécageuses de la côte. La terre fertile, mais mal cultivée, produit du chanvre, du tabac, de la garance, du coton, de bons vins, d'excellents fruits. Les côtes sont poissonneuses ; on y pêche la sardine, le thon, du corail, des coquillages à nacre. Il y a peu d'industrie. Les Corses, mélange d'Ibères, de Grecs, de Carthaginois, de Romains, de Sarrasins, d'Italiens modernes, sont encore peu français ; vigoureux, graves, un peu farouches, braves, fiers, tenaces, mais ambitieux, dissimulés, ils se transmettent 4e génération en génération cette haine implacable, la vendetta, qui divise encore les familles. La langue est un dialecte italien mêlé de mots arabes. ? La Corse (Therapne, Cymos, Corsica), colonisée par les Phéniciens, les Pliocèens, qui fondèrent Alalia au VIe s. av. 3. C, occupée par les Carthaginois, conquise par les Romains vers 238 av. J. C, mais soumise seulement en 162, devint alors florissante avec ses 33 villes. Ravagée par les Vandales, les Goths, les Lombards, les Grecs de Constantinople, soumise par Charlemagne en 773, elle fut ensuite pillée par les Sarrasins, déchirée par les guerres civiles, se donna à Grégoire VII, puis fut conférée, comme fief, aux archevêques de Pise, en 1091. Les Génois la disputèrent aux Pisans, la partagèrent d'abord avec eux, puis en restèrent maîtres à la fin du XIIIe s. Hais la population farouche des montagnes resta indépendante, et ne cessa de lutter contre la tyrannie de Gênes. Les français s'emparèrent de l'île, de 1553 à 1559 ; ils l'occupèrent encore de 1737 à 1741 ; un aventurier allemand, Théodore Neuhoff, se fit un instant déclarer roi vers cette époque. Sous Pascal Paoli les Corses tentèrent énergiquement de conquérir leur indépendance. La France, malgré l'Angleterre, intervint d'abord comme alliée de Gênes, puis se fit céder tous les droits de la république ; la Corse fut réunie à laFranee (15 mai-15 août 1768). Les Corses résistèrent, furent battus par Marb?uf, par le comte de Vaux à Ponte-Nuovo ; l'île se soumit au moment où naissait Napoléon Bonaparte. La Corse essaya encore de se soulever et appela vainement les Anglais (1794-1790). Après avoir formé un département en 1791, deux, le Golo et le Liamone, en 1793, elle ne forme plus qu'un département depuis 1811. ? Il a pour ch.-l. Ajaccio, se divise en 5 arrond., Ajaccio, Bastia, Calvi, Corte, Sartène ; forme le diocèse d'Ajaccio, le ressort de la cour d'appel de Bastia. fait partie du 15e corps d'armée (Marscille), de l'Académie d'Aix et de la 5e préleclure maritime (Toulon).