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L'Égypte dans les premières années du 20ème siècle

EGYPTE,

contrée de l'Afrique, au N. E., bornée au N. par la mer Méditerranée, à l'O. par les déserts de Libye et le pays de Barca, au S. par la Nubie au 23° 22' de lat. N., à l'E. par la mer Rouge et l'isthme de Suez. Elle a 500,000 kil. carrés de superficie, dont 41,000 kil. carrés seulement peuvent être habités et cultivés. " L'Egypte, dit Hérodote, est un présent du Nil. " Ce fleuve, en effet, qui la traverse du S. au N. lui donne sa fertilité en l'inondant tous les ans. Il entre en Egypte vers la 6e cataracte, près de Syène ou As-souan. De Syène au Kaire, il coule entre deux chaînes de montagnes dans une vallée de 20 kil. de largeur; au-dessous du Kaire les montagnes s'éloignent, la vallée devient une vaste plaine, le fleuve se partage en deux branches et forme une île triangulaire appelée Delta (V. Nil). A l'O. et à l'E. des chaînes Libyque et Arabique, le sol de l'Egypte n'est qu'une plaine sablonneuse semée d'oasis, comme celui du Sahara et de l'Arabie. Les principaux canaux dérivés du Nil vers la fin de son cours sont: le canal Moeys qui occupe peut-être l'ancienne branche Pélusiaque, le canal de Chybyn-el-Koum qui traverse le Delta depuis la branche de Damiette jusqu'à celle de Rosette, le canal Mahmoudieh, creusé par Méhémet-AIi, qui relie Alexandrie au Nil; tous sont navigables. Quant aux canaux destinés à répandre les eaux du Nil loin de son lit, ils sont fort nombreux: le plus célèbre est le canal de Joseph. Sur la plage de la Méditerranée sont plusieurs lacs ou lagunes, les lacs Mahdich ou d'Aboukir, Edkou,Bourlos, Menzaleh, et les lacs Amers vers le centre de l'isthme de Suez. ? L'aspect de l'Egypte varie périodiquement; dans notre hiver, c'est une plaine de verdure, un jardin délicieux et embaumé; dans notre été, c'est un pays tantôt inondé, tantôt sec et poudreux sous un soleil ardent et un ciel de plomb. La pluie est rare en Egypte; il y a une ou deux ondées par an dans la Haute-Egypte, cinq à six au Kaire. Cet heureux pays réunit presque. toutes les productions végétales de l'ancien continent: les principales sont le froment, l'orge, l'épeautre, les fèves, les lentilles, le sésame, le lin, l'anis, le tabac, la pastèque, le melon, les concombres, la houque (holcus spicatus), plante de la famille des graminées, qui est la nourriture générale du peuple, la canne à sucre, l'indigo, le coton, le riz. Il y a peu de vignes, cependant Ibrahim-Pacha a introduit cette culture qui produit des vins se rapprochant de ceux d'Espagne. Les arbres qui prospèrent le mieux sont le palmier-dattier, le bananier, l'oranger, le citronnier, le grenadier, le sycomore, le tamarinier. L'Egypte n'a pas de forêts. Les animaux utiles sont le cheval, l'âne, le mulet, le chameau, le buffle, le mouton de Barbarie, la chèvre; les animaux sauvages sont le chacal, l'hyène, le crocodile, l'hippopotame qu'on ne trouve plus que dans la Haute-Egypte. Le Nil nourri:, une grande variété de poissons. Les richesses métalliques sont très faibles; mais on trouve à profusion le granit, le marbre, la pierre calcaire, le natron, l'albâtre, le sel fossile, le salpêtre, l'alun, le pétrole, ce dernier produit sur les bords de la mer Rouge.

Histoire. ? 1° Egypte ancienne. Les anciens plaçaient l'Egypte en Asie et la bornaient à la seule vallée du Nil qui fertilisait les sables et était le vrai fétiche du pays. Jérémie (su, 8) et Ezéchiel (XXIV, 3) personnifient l'Egypte dans le Nil. Ce fleuve, qui n'a aujourd'hui que les deux bouches de Rosette et de Damiette, avait dans l'antiquité les 7 branches canopique, bolbitine, sébennitique, phatnitique, mendésienne, tanitique, pi-lusiaque. D'après le cours du Nil, l'Egypte ancienne se divisait en 3 régions: la Haute-Egypte ou Thébaïde, la Moyenne-Egypte, appelée aussi les Sept Gouvernements ou Heptanomide, et enfin la Basse-Egypte ou Delta, qui s'étendait jusqu'à la mer. ? La première période de l'histoire de l'Egypte, avant le XVe s., est très obscure; la liste de ses rois donnerait une antiquité très reculée, s'ils avaient régné successivement; on a supposé qu'il y eut en même temps des rois à This, à Sais, à Memphis, à Thèbes. L'invasion des Hycsos, rois pasteurs venus d'Arabie, ou plutôt de Scythie d'après Champoltion, bouleversa le pays, qu'ils soumirent à l'exception de la Thébaide. Ces populations nomades, chassées 500 ans après par les rois de la Thébaïde, se rejetèrent vers la Phénicie. La seconde période commence avec la 18° dynastie et comprend les règnes de Sésostris et de ses successeurs jusqu'à la dodécarchie (671). Thèbes, qui fut alors la capitale du pays, fut agrandie et embellie; chaque quartier était élevé sur des hauteurs factices, de sorte que pendant l'inondation du Nil, la ville ressemblait, dit Strabon, aux Cyclades flottant dans la mer Egée. La 18e dynastie fut guerrière, et son principal roi fut Rhamsès Meianioun que les Grecs appellent Sésostris. Hérodote raconte qu'il parcourut l'Ethiopie, l'Asie Mineure, l'Arménie, la Thrace; Diodore le conduit dans l'Asie centrale, l'Arie, la Parthie, la Drangiane, la Bac-triane et la Sogdiane, jusqu'à l'indus: l'un fait suivre à Sésostris le chemin de Darius, l'autre celui d'Alexandre. Les monuments constatent surtout des conquêtes en Ethiopie; on trouve en effet dans le temple d'ipsamboul six colosses de 30 pieds de haut, représentant Rham-sès et sa famille. Il traîna en Egypte les populations captives et leur lit creuser des canaux et élever des digues et des monticules. Ses successeurs sont imparfaitement connus: Chéops, Chéphrem, Mycérinus, persécutèrent les prêtres qui furent chassés, revinrent à la tête d'une armée d'Ethiopiens et conquirent l'Egypte. Mais la caste des guerriers, maltraitée par eux, les abandonna, et, lors de l'invasion assyrienne, le prêtre-roi Séthos fut obligé, dit Hérodote, de se défendre avec les dieux. L'Egypte tomba dans l'anarchie et fut divisée en 12 royaumes ou gouvernements. La troisième période, de 671 à 525, est mieux connue, grâce aux rapports que les Egyptiens établirent alors avec les Grecs. Psammé-tique, un des 12 rois de la dodécarchie, triompha des autres souverains au moyen des aventuriers cariens qui s'étaient établis dans le Delta. Dès lors les étrangers naufragés ne furent plus immolés à Typhon; une caste des interprètes fut établie, les enfants apprirent le grec, et les rois, voulant devenir puissants sur la mer, firent des expéditions répétées dans la Judée et la Phénicie pour s'emparer des bois du Liban; Psammétique, dit Hérodote, assiégea Azoth pendant 27 ans. Néchao ou Néchos est célèbre dans l'Ecriture et dans l'histoire (617-601). Après lui régnèrent Psammis, Apriès, Amasis et Psamménit (601-525). Sous ces rois l'ordre des castes fut bouleversé; les Grecs de Naucratis acquirent toute l'influence; les prêtres, n'ayant plus de pouvoir, se découragèrent; les guerriers furent supplantés par des mercenaires grecs, les laboureurs furent placés après les marchands; l'argent, seul en honneur, corrompit tout, et Cambyse soumît l'Egypte en un an (V. les noms des rois).

Le tableau des institutions et des monuments de l'ancienne Egypte est. plus intéressant que son histoire. La population était divisée en quatre castes: les prêtres, les guerriers, les laboureurs et les artisans. Ce régime subsista dans toute sa vigueur jusqu'à la XXVIe dynastie, qui commence à Psammétique, époque à laquelle s'établit une aristocratie d'argent. La hiérarchie sacerdotale comprenait le grand-prêtre, et les simples prêtres qui avaient le privilège de porter des vêtements de lin et des souliers de papyrus. Le plus grand nombre offraient les sacrifices et faisaient parler les oracles; les hiérostoles ornaient les statues des dieux, les hiérogrammates ou scribes sacrés tenaient les registres des temples et écrivaient les actes civils. Les médecins, les embaumeurs, tous les nommes d'art ou de science, tenaient à la caste sacerdotale. La puissance politique des prêtres était grande; ils étaient les juges du peuple, les conseillers des rois et les arbitres de leur réputation après la mort. Leur influence morale tenait à la religion, aux arts et aux sciences, qu'ils connaissaient seuls. La religion sacerdotale était savante; elle interprétait les phénomènes de la nature et les attribuait à un Dieu créateur, Am-mon-Rha; sa femme, Mous, représentait le principe vivifié, et de leur union était né Kous, l'univers visible; Osiris le soleil, Isis la lune, et Horus leur fils, reproduisaient cette trinité sur la terre. Les autres divinités étaient Phtas le feu, Thoth dieu des sciences, Bouto la nuit, Phré le jour, Neith la sagesse, Mendès le Pan des Grecs, Typhon le mauvais principe. A côté de cette religion savante réservée aux initiés, il y avait le fétichisme du peuple, conséquence du panthéisme des prêtres: le crocodile, le chien, le b?uf Apis, l'ichneumon, l'ibis, le Nil, les légumes, tout cela était adoré en vertu de ce principe: tout étant Dieu, tout peut représenter la divinité. Les Egyptiens expliquaient la destinée de l'homme par la métempsycose: les âmes, après avoir passé dans un certain nombre de corps, retournaient dans le soleil et s'identifiaient avec lui. Ces croyances expliquent le soin des Egyptiens pour les momies et leur culte pour les animaux. ? Les lettres étaient cultivées par les prêtres, et on a retrouvé des chants lyriques; mais on conçoit que, dans une société où tout était réglé avec tant de rigueur, la littérature n'a pu acquérir les développements que lui donnèrent les Grecs. L'architecture visait plutôt à la puissance qu'à la beauté; on peut en juger par les monuments nombreux que ni le temps ni les hommes n'ont pu détruire, les obélisques, les sphinx, les pyramides, les temples de Dende-rah, d'Edfou, d'Esnéh, les palais de Karnac et de Louq-sor, et les ruines de Thèbes. ? Dans la peinture, les figures égyptiennes ne laissent jamais voir l'inspiration d'un artiste, et si l'hiérogrammate du Louvre n'a pas cette roideur immobile qu'on remarque dans les autres statues, du moins il manque tout à fait d'idéal. ? Les sciences les mieux cultivées étaient la géométrie, indispensable pour la mesure des champs après les inondations du Nil, l'hydraulique, nécessaire à la distribution des eaux sur les terrains éloignés ou élevés, l'astronomie, facile dans une région sans nuages, et dans laquelle les Egyptiens firent plus de progrès que les Grecs et les Romains: ils connaissaient en effet l'année solaire de 365 jours et n'avaient pas besoin d'intercaler des jours entre les mois lunaires; la médecine, enfin, paraît avoir été très développée dans ce pays où les herbes médicinales sont très communes. Les guerriers étaient divisés en deux tribus, les Calasiries et les Her-mothybies; chaque guerrier possédait 12 aroures (l'araire était un carré de 46 met. 182 millim. de côté). 1,000 hommes de chaque tribu composaient la garde du foi, le reste tenait garnison sur les frontières surtout à l'E. et au S. L'Egypte n'a jamais été très guerrière; sauf l'époque de l'invasion des Hycsos et la période de con-quêtes qui la suivit, elle fut ordinairement en paix. Cependant les guerriers eurent la supériorité depuis la XVIIIe dynastie jusqu'à la XXVIe. ? Les laboureurs étaient très estimés, surtout dans les premiers temps; ils cultivaient le blé, travaillaient le papyrus, le lin, le byssus, qui était probablement une sorte de soie, le lotus, qui survait à faire de la farine; ils avaient sur les bords du Nil des pêchers excellents et creusaient des syringes ou galeries souterraines pour la conservation du blé. ? Les artisans fabriquaient surtout des étoffes et des verreries qui rivalisaient avec celles de Tyr; leurs fameux verres murrhius ressemblaient beaucoup aux verres de Bohême et de Venise. Comme aujourd'hui, les Egyptiens communiquaient par des caravanes avec les pays voisins; seïon Strabon, une caravane se rendait de Thèbes à Ammon et à la grande Syrte; une autre d'Augela au pays des; Garamantes (Nigritie, Soudan) une troisième suivait la côte de la Méditerranée jusqu'aux colonnes d'Hercule.

L'Egypte, conquise par Cambyse, devint une province de l'empire des Perses; mais la barbarie de ses vainqueurs, leur intolérance religieuse, leur mépris pour les vieilles coutumes égyptiennes, lui inspirèrent une haine éternelle. En 486, l'Egypte se révolta contre Darius et l'ut soumise par Xerxès. En 461, elle reprit les armes à la voix d'Inarus contre Artaxerxès Longue-main, et fut remise sous le joug après une lutte de 5 ans. En 414, sous le règne de Darius Nothus, elle parvint à reconquérir son indépendance, et jusqu'en 554 elle eut ses rois indigènes, Amyrtée, Pausiris, Psammétique II, Achoris, Psammathis, Néphéro, Nectanébus 1er, Tachos et Nectanébus II. Ochus, roi de Perse, la soumit de nouveau. Mais bientôt Alexandre le Grand parut, et fut pour les Egyptiens un libérateur plutôt qu'un conquérant (332); il fonda Alexandrie, où il voulait peut-être établir le siège de son empire. Après sa mort, un de ses généraux, Plolémée, fils de Lagus, fonda en Egypte la dynastie des Lagides, qui donna à ce pays 200 ans de prospérité. Les rois Lagides furent: Ptolémée Ier Soter (323-285), Ptolémée II Philadelphe (285-247), Ptolémée III Evergète (247-222), Ptolémée IV Philopator (222-205), Ptolémée V Epiphane (205-181), Ptolémée VI Philométor (181-146), Ptolémée Eupator (146). Ptolémée VII Physcon (146-117), Ptolémée VIII (117-107), Ptolémée IX (107-88), Ciéopâtre (88), Ptolémée VIII rétabli (88-81), Ptolémée X (81-80), Bérénice (80), Ptolémée XI Aulêtes (80-52), Ptolémée XII et Ptolémée XIII (52) Cléopâtre (52-30). (V. ces noms.)?L'Egypte fut, sous cette dynastie très riche, très populeuse et très florissante; on y comptait, dit-on, 20,000 villes ou bourgs Cependant elle se concentra dans Alexandrie, qui devint le séjour des sciences mêlées de l'ancienne Egypte et de la Grèce. Déjà, du temps de Périclès, l'Egypte était pour les Grecs la terre classique de la science, et Platon, songeant aux profondes connaissances des prêtres égyptiens, disait: " Grecs, vous n'êtes que des enfants ! " L'école d'Alexandrie hérita d'Athènes et de Memphis. Il y a deux âges dans son histoire: d'abord elle fut critique, mit en ordre les anciens poèmes et posséda une poésie naturelle à force d'être savante, celle de Théo-crite. Elle devint ensuite philosophique; Plotin et ses successeurs cherchèrent la conciliation des systèmes de Platon et d'Aristote. En même temps, le christianisme pénétrait en Egypte avec saint Marc, lorsque déjà le pays était romain. Auguste soumit l'Egypte, en fit une province impériale administrée par un simple chevalier romain, et elle devint le second grenier de Rome. Depuis 364, elle appartint â l'empire d'Orient, jusqu'à la conquête des Arabes sous le règne de l'empereur Héra-clus (658-040).

2° Egypte moderne. Amrou conquit l'Egypte sous le règne du calife Omar (658-640). Les Arabes reprirent les travaux de canalisation, fondèrent le Kaire (El-Ka-hiréh, la ville de la joie) et s'attachèrent à faire du pays l'entrepôt du commerce du monde. Vers 887, les soldats turcomans au service des califes de Bagdad les supplantèrent, et jusqu'en 1250 le Kaire eut ses souverains particuliers des dynasties des Touonides, des Fatimites et des Ayoubites. Alors le dernier Soudan ayoubite fut massacré par les Mameluks, qui s'emparèrent de l'autorité. Les Mameluks baharites régnèrent jusqu'en 1382; les Mameluks bordjites ou circassiens restèrent indépendants jusqu'en 1517. Le sultan des Turcs, Selim 1er, les battit à Alep, à Gaza et au Kaire, et laissa subsister l'a-ristooratie militaire des 24 beys mameluks, en n'exigeant d'eux qu'un tribut. Les beys essayèrent souvent 3e s'affranchir, mais sans succès. Les Français, commandés par Bonaparte, abolirent cette aristocratie et voulurent fonder sur les bords du Nil une grande colonie européenne. Ils furent forcés de se retirer, et la barbarie ottomane ressaisit la terre des Pharaons et des Ptolémées. Les Anglais espérèrent supplanter leurs rivaux dans l'Egypte comme aux Indes, et y débarquèrent dans l'intention de. la conquérir, Ils n'y restèrent que 0 mois (17 mars-14 septembre 1807). Les mameluks, les pachas ottomans se livrèrent de terribles combats; enfin un corps d'Albanais, commandé par Méhémet-Ali, se révolta contre la Porte, qui ne le payait pas, et mit son chef à la place du pacha. Méhémet-Ali fut pour l'Egypte une sorte de Pierre le Grand; il fit massacrer tous les mamelucks (1811), détruisit la puissance des Wahabites d'Arabie, soumit la Nubie, le Dongolah, le Sennaar et le Kordofan; et, si les événements de 1840 lui ôtèrent Chypre et la Syrie, ils lui assurèrent la possession de l'Egypte comme vice-royauté héréditaire vassale de l'empire turc. Aidé par les hommes et les sciences de l'Europe, il augmenta sa puissance et les ressources deson pays. Les travaux de canalisation entrepris entre Suer et Port-Saïd sont destinés à rendre à l'Egypte son importance commerciale, que le chemin de fer d'Alexandrie au Kaire et à Suez lui a déjà restituée en partie. Enfin, en 1866, le pacha a substitué au système turc de succession au trône l'hérédité de mâle en mâle pai ordre de primogéniture, et a doté son pays d'une sorte de représentation. ? L'Egypte est divisée en 7 gouvernements principaux, nommés moudyrliks, partagés en 64 départements ou mamourliks, et subdivisés en cantons ou nazirliks. Les revenus du vice-roi sont: l'impôt foncier ou mirs, l'impôt sur les dattiers et les maisons, l'impôt personnel ou firdel-el-rous, qui s'élève au douzième du revenu suppose, l'impôt sur les bestiaux et sur les barques du Nil. L'ensemble de ces ressources s'élève à 160 minions au moins. Cette somme énorme a été dépensée en travaux utiles, la construction ou l'achat des vaisseaux de guerre, rétablissement de l'arsenal d'Alexandrie, la fondation de l'Ecole de médecine et de l'amphithéâtre d'anatomie du Kaire, l'organisation de l'Ecole centrale, des lignes télégraphiques, des chemins de fer, la réparation des routes et des berges du Nil, la construction des digues, des canaux et du grand barrage du Nil, les primes offertes aux cultivateurs étrangers et l'encouragement accordé à la culture du coton et de la soie. Le vice-roi, tributaire du sultan, porte depuis 1867, les titres d'altesse et de khédive.. Son pouvoir est en réalité absolu. Il est difficile d'indiquer exactement les revenus, les forces militaires et maritimes du khédive, même l'étendue réelle de ses possessions. Si l'on en croit les derniers renseignements, sans doute exagérés, ces territoires, Egypte, Nubie, possessions d'Ethiopie, Dârfour, pays limitrophes, comprendraient 2,252,000 kilomètres car. avec 16.900,000 hab. dont 5,252,000 pour l'Egypte seule. V supplément.

Source : Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire, de Biographie, de Mythologie et de Géographie éditié par Louis Grégoire en 1878
Avertissement ce texte restitue l'opinion de son auteur sur les faits, les choses ou les gens évoqués à l'époque où il a été écrit, cet article est fruit d'un contexte. Il ne présume en rien de l'avis de l'éditeur du site sur le sujet évoqué.