Le Mexique dans les premières années du 20ème siècle
MEXIQUE (RÉPUBLIQUE DU),
Etat de l'Amérique du Nord, borné au N. par les Etats-Unis, à l'O. et au S. 0. par l'Océan Pacifique, à l'E. par le Rio del Norte et le golfe du Mexique, au S. E. par les Etats de l'Amérique centrale. Compris entre 15° et 32° 40' lat. N. et entre 88° 55' et 119° 30' long. O., il a une superficie de 1,945,000 kil. carrés. Sa forme est assez irrégulière. La côte E. est marécageuse : elle présente le cap Catoche, à l'extrémité de la presqu'île d'Yucatan. La côte 0., plus élevée que la précédente, a le cap Corrientes et le cap San-Lucas qui termine la presqu'île de Californie. Les monts Rocheux s'y prolongent sous les noms de Sierra-Verde, Sierra de los Mimbres, Sierra-Madre, Cordillère de Mexico; dans cette dernière partie est le plateau d'Anahuac, haut de 2,000 à 2,500 mètres: on y trouve le Popocatepetl, l'Istaccihualt, l'Orizaba, le Ne-vado de Toluca et le Coffre de Perote. Le Popocatepetl, l'Orizaba, le Colima, le Jorullo, le Tustla sont des volcans en activité. Le Mexique est arrosé, à l'E., par le Rio Grande del Norte, le Panuco, le Guazacualco, le Tabasco, etc.; à l'O.,par le Colorado, le Tololotlan, le Zacatula, etc. Les principaux lacs sont ceux de Chapala, de Pazcuaso, etc. On distingue trois zones ou climats: la côte E., basse et bordée de lagunes, est fertile, mais désolée par la fièvre jaune : c'est la région chaude (Tierras calientes). Au-dessus, à une hauteur de 1,200 à 1,500 mètres, sur le flanc de la Cordillère, est la région tempérée (Tierras templadas). La région froide (Tierras frias) couronne le plateau. Le Mexique possède de célèbres mines d'or et d'argent, et, en outre, du fer, du cuivre, du mercure, etc. Il produit le palmier, la canne à sucre, le cotonnier, l'indigotier, le cacaotier, le bananier, le manioc, les céréales d'Europe, les plantes médicinales, des bois de teinture et d'ébénisterie, etc. On y a multiplié les animaux domestiques européens; les espèces sauvages sont le jaguar, le chien muet, l'apoxa, etc. L'agriculture et l'industrie sont peu prospères, malgré la fertilité du pays: les guerres civiles ont longtemps arrêté tout essor du commerce. La population s''élève à plus de 9,787,000 hab. Sur ce nombre, on compte 5,000,000 d'Indiens. Le reste est de race espagnole ou mixte. Le catholicisme y domine : il y a un archevêché et 10 évêchés.
Divisé en 20 Etats, 1 district fédéral et 1 territoire (Californie), avant 1864, le Mexique a été réparti en 50 départements par l'empereur Maximilien ; mais l'ancienne division a été rétablie. - V. Supplément.
Voici le tableau des provinces du Mexique avec leurs chefs-lieux :
Chlapas........... San-Christobal.
Chihuahua.......... Chihuahua.
Cohahuila.......... Saltillo.
Durango.......... Darango.
Guanaxuato......... Guanaxuato.
Mexico .... ...... Toluca,
Michoacan.......... Morelia ou Valladolid.
Nuevo-Leon......... Monterey.
Oaxaca ........... Oaxaca.
Puebla........... Puebla.
Queretaro.......... Queretaro.
San-Luis-de-Potosi...... San-Luis-de-Potosi.
Sonoba-et-Sinaloa....... Tirés et Culiacan.
Tabasco........... San-Juan-Baptista.
Tamaulipas.......... Victoria.
Vera-Cruz.......... Vera-Cruz.
Xalisco........... Guadalaxara.
Yucatan........... Merida.
Zacatecas ........ . Zacatecas.
Ville de Mexico........
Histoire. - Habité primitivement par les Toltèques, puis par les Acolhuas, enfin par les Aztèques qui bâtirent Mexico en 1325, et assujétirent les autres peuplades, le Mexique avait atteint, avant l'arrivée des Européens, certain degré de civilisation, comme l'attestent ses anciens monuments, qui rappellent souvent ceux de l'antique Egypte. Le roi était Montézuma, quand Fernand Cortez (V. ce nom) s'empara du pays, 1519-1521. Converti, sous le nom de Nouvelle-Espagne, en vice-royauté espagnole, le Mexique fut soumis au régime de l'inquisition, et exploité uniquement au profit de la métropole, qui ne s'attacha qu'à l'extraction des métaux précieux, et livra le pouvoir aux Espagnols d'Europe seuls. Les créoles et encore plus les indigènes furent écartés de l'administration. L'affranchissement des Etats-Unis éveilla, dans ces deux dernières classes, des idées d'indépendance que l'avènement de Joseph Bonaparte, au trône d'Espagne, 1808, leur offrit une occasion d'appliquer. Si les soulèvements du curé Hidalgo, de Morelos, de Mina le Jeune (V. ces noms) et d'autres encore échouèrent, le général espagnol Iturbide fut plus heureux : il se fit même proclamer empereur sous le nom d'Augustin Ier, 1822. Cet essai de monarchie ne dura pas, et, en 1823, succéda une république qui fut tantôt fédérative, tantôt unitaire, selon les divers partis qui se disputaient le gouvernement. Pendant quarante ans le Mexique a été en proie à une affreuse anarchie marquée, au dedans, par des révolutions ou des coups d'Etat sans nombre, et au dehors par l'intervention presque toujours justifiée des étrangers. En 1858, les français bombardèrent Saint-Jean-d'Ulloa. En 1846-1847, les Américains des Etats-Unis occupèrent plusieurs provinces et jusqu'à Mexico. Ils ne se retirèrent qu'après avoir obtenu, par le traité de Guadalupe, 1848, la cession de la Nouvelle-Californie, du Nouveau-Mexique, et du Texas, qui s'était affranchi de lui-même dès 1836. En dernier lieu, les violences du président Juarez, 1861, à l'égard des Européens, amenèrent une intervention armée de l'Espagne, de l'Angleterre et de la France. Celle-ci, persistant dans l'entreprise après la retraite de ses alliées, 1862, a pénétré à Mexico, renversé Juarez et déterminé un retour à la forme monarchique, 1863. Une assemblée de notables a offert la couronne impériale à l'archiduc Maximilien d'Autriche, qui a pris possession du pouvoir en 1864. Mais il a succombé dans la lutte contre les républicains, et, après le départ des Français, il a été pris, à Queretaro, condamné à mort et fusillé le 19 jutn 1867 : le gouvernement républicain a été rétabli avec Juarez.